Al Hoceima est une petite ville au bord de la mer, entourée de nombreux petits villages nichés dans les montagnes du Rif. La région est très célèbre au Maroc: c'est là que, dans les années 20, Abdelkrim a mené sa lutte contre la domination coloniale et l'oppression du pouvoir royal. La population se souvient encore de cette lutte d'indépendance, et elle en est fière. Mais le roi du Maroc a toujours oublié la région Hassan II n'a jamais voulu y mettre le pied. Et Mohamed VI n'y est venu que samedi, quatre jours après la catastrophe.
Il est question de près de 1000 morts, surtout dans les villages de montagne, comme Imzouren, qui est totalement rayé de la carte. L'ensemble de la région compte entre 300.000 et 400.000 habitants. Les habitants, dont les plus pauvres vivent dans des maisons de pierre et d'argile, crient à l'aide.
Des manifestations de révolte ont eu lieu à Al Hoceima, car, trois jours après le tremblement de terre, les secours n'étaient toujours pas arrivés dans les villages. «Chez nous, les policiers arrivent plus vite que le secours» fait observer un enseignant en désignant les forces auxiliaires, boucliers au bras, prêtes à intervenir. «Le Maroc veut accueillir la Coup du monde en 2010, mais il est incapable d'organiser des secours pour son peuple.»